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Les cours de danse se sont arrêtés au début de l’année pour les filles et moi parce que notre professeur n’a pas pu continuer. Micaela avait très envie de continuer à danser, alors j’ai cherché un autre cours de danse Bollywood pour les enfants et j’en ai trouvé un à Paris, dans le XVIIIe arrondissement. Je l’accompagne le samedi matin en transports. Le cours lui plaît beaucoup.

Ce samedi, mon mari, Felicia et Lisa sont venus nous chercher en voiture. Il y avait peu de circulation dans Paris, car c’était un week-end de pont. Nous avons rejoint la porte de la Chapelle, puis le périphérique que nous avons quitté porte de Champerret. Là, nous avons traversé Levallois jusqu’au pont de Levallois, le fameux pont sur lequel j’ai joué au jeu des péniches. Avant de traverser le pont, j’ai remarqué un jeune homme d’une quinzaine d’années qui se tenait sur le trottoir. Je l’ai remarqué parce qu’il avait une tête sympa avec ses cheveux blonds un peu longs qui lui revenait sur le visage, parce qu’il avait l’air bien dans ses baskets et parce qu’il tenait une canne à pêche. Ce n’est pas un équipement commun par ici et puis aller le samedi pêcher pour son plaisir, j’ai trouvé cela très intéressant. Peut-être un personnage pour une histoire à écrire (pour un prochain concours) ? Tout cela n’a duré que quelques secondes.

Cet après-midi, en rentrant de l’école, j’ai remarqué devant nous une femme qui attendait sur le trottoir une canne à pêche à la main. Une nouvelle mode dans le quartier ? ai-je pensé. Non, cette canne à pêche n’était pas entre les mains de son véritable propriétaire. Le jeune homme blond de samedi est sorti d’un immeuble et a rejoint sa mère, à qui il a repris la canne. Quelle coïncidence de le croiser à nouveau et en plus dans notre quartier !

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Pendant les vacances en Bretagne, nous sommes allés faire un tour à la librairie Gwalarn et nous avons offert un livre à chacune des filles. Micaela avait assez rapidement choisi le sien : un petit roman avec un décor qui rappelait l’Inde en couverture. Lisa a déplacé beaucoup de livres, pour finalement choisir une petite aventure du personnage Bali (un petit chien qui vit comme un humain avec sa famille). Felicia a eu du mal à trouver son bonheur. Elle était assez indolente ce matin-là.

— Felicia, il faut que tu fasses ton choix !

— Mais, il n’y a rien !

— Tu n’as pas vraiment regardé. Allez, je te laisse encore cinq minutes.

Mon mari est sorti avec Lisa avant qu’elle ne change d’avis. Felicia a enfin trouvé le livre qui lui faisait plaisir : l’imagerie des princesses ! Un vrai coup de foudre, comme ce livre sur les châteaux forts qu’elle adore et que nous avions trouvé au même endroit.

Felicia adore son nouveau livre, elle passe beaucoup de temps à le lire, à regarder les images, à demander à Micaela de lui lire une des histoires qu’il contient et puis aussi à rappeler à tout le monde les règles de bonne conduite des princesses à table.

— C’est drôle, vous ne trouvez pas les filles, c’est pratiquement ce que nous vous répétons au moins dix fois par repas, leur ai-je dit la première fois que Micaela nous a lu les règles à haute voix.

Felicia prend ces règles très au sérieux, surtout le fait de mettre les mains sur la table autour de l’assiette.

Ce midi, elle nous a fait remarquer sa bonne tenue.

— Mica, tu as vu mes mains ? Je suis une princesse, moi.

Et puis, en se tournant vers moi.

— Tu sais Maman, hier, à la cantine, j’ai mis mes mains comme ça pendant tout le repas même si c’était fatigant.

C’est mignon, non ?

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icon for podbean  Standard Podcasts [02:45m]: Play Now | Play in Popup | Download | Embeddable Player | Hits (Loading)

Aujourd’hui, je suis passée à La Poste avant d’aller chercher les filles à l’école (les vacances sont terminées !). J’avais un colis à poster (des livres pour Vinexpo !) et un recommandé à retirer. Lorsque je suis arrivée, il y avait deux personnes devant moi et une vieille dame qui attendait sur une chaise, assise. Quand la file a avancé, la vieille dame est venue se placer devant moi. Elle n’a rien dit, le menton bien haut, elle regardait devant elle.

J’aurais dû me méfier, car une personne polie aurait dit « j’étais assise et c’est bientôt mon tour », ou quelque chose comme ça. Le guichet s’est libéré, nous avons tous à nouveau avancé d’un pas. La vieille dame, elle, est allée à un autre guichet où un postier faisait des manipulations sur son ordinateur. Elle lui a dit bonjour, a posé son sac sur le comptoir et s’est mise à fouiller dedans. Son tour est venu. Elle l’a vu, mais a continué à fouiller dans son sac. J’ai attendu quelques instants, puis la guichetière m’a appelée.

— Bonjour, je viens retirer ce recommandé et j’ai un colis à envoyer, lui ai-je dit.

La guichetière a pris mon bordereau et s’est levée pour aller chercher le recommandé.

— ça ne vous gêne pas de prendre mon tour ! Si vous permettez, c’est à moi.

Je me retourne surprise par le ton désagréable. C’était la vieille dame.

— Vous aviez l’air d’être occupée à l’autre guichet, lui ai-je répondu.

— Vous avez bien vu que le guichet était fermé, je disais simplement bonjour au postier.

— Ce n’était pas très clair.

— Bon, voulez-vous vous pousser ? Je ne vous adresse pas la parole !

— Oh, c’est sûr que sur ce ton, je ne vous adresse pas la parole non plus.

Je me suis déplacée sur le côté. J’ai reçu quelques sourires de sympathie provenant de la file.

La vieille dame a sorti une quantité importante de billets et de pièces de monnaie de son sac. Elle s’est à nouveau adressée à moi.

— C’est une opération privée ! Reculez-vous !

Elle commençait à m’énerver celle-là !

— Je suis à la bonne distance puisque je suis au guichet d’à côté.

La guichetière n’a pas été épargnée non plus.

— Vous pourriez être plus discrète ! lui a-t-elle intimé. Je suis cliente depuis trente ans à La Poste, vous pourriez vous occuper correctement de moi.

Elle a ensuite demandé de nouveaux conteneurs pour ses pièces. Puis ce fut enfin mon tour.

Vous savez quoi, je suis sûre que pour avoir autant d’argent en liquide et être si méchante, cette veille bique était une usurière !

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icon for podbean  Standard Podcasts [03:27m]: Play Now | Play in Popup | Download | Embeddable Player | Hits (Loading)

La semaine de vacances est vite passée, car malgré ce qu’avait prévu la météo, nous avons eu une semaine de beau temps. Nous étions dans le seul coin de France où il faisait beau ! Il a fait non seulement beau, mais également chaud les deux derniers jours. Samedi, jour du départ, les propriétaires étaient ravis lorsque je leur ai raconté à quel point nous avions apprécié la maison.

— Les filles ont bien joué dans le jardin : elles ont fait des parties de boules et de croquet et le soir elles ont joué au Mikado.

— Ah, très bien, ça nous fait plaisir ! Et vous avez pu profiter des alentours ? Aller au marché ?

— Nous sommes allés au marché de Trégastel lundi et à celui de Perros vendredi. Nous sommes allés rendre visite à des amis qui ont une ferme à Minihy-Tréguier et Micaela y a passé tout l’après-midi d’hier. Sinon, nous avons découvert la plage de Beg Leguer.

— Je suis aussi allée à la pêche aux bigorneaux avec Marie-Françoise ! s’est écriée Micaela.

— C’est aussi une amie, ai-je expliqué. Nous sommes aussi allés au sillon de Talbert, mais il faisait vraiment très froid malgré le soleil.

— Oui, il y a beaucoup de vent, mais c’est très joli.

Nous avons ainsi discuté pendant quelques minutes de notre semaine de vacances et le moment de nous quitter approchant, je me suis décidée à faire ma requête.

— Je voulais aussi vous demander quelque chose. Voilà, dans le buffet, avec les jeux, les filles ont trouvé un livre pour enfants. J’ai eu la surprise de le reconnaître, car c’était mon livre préféré quand j’étais petite. Je l’ai perdu et ça m’a fait tellement plaisir de le retrouver que j’aimerais savoir si vous accepteriez de me vendre votre exemplaire.

La propriétaire ne s’attendait pas à cela, mais elle m’a répondu.

— Il n’a pas une importance particulière pour moi, alors je vous en prie prenez-le !

Et voilà, comment je suis repartie avec un trésor dans mes bagages.

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Nous attendions avec impatience notre semaine dans les Côtes-d'Armor, mais avec un peu d’appréhension, car la météo ne s’annonçait pas très bonne. Nous sommes partis samedi dernier sous la pluie. Il ne pleuvait plus lorsque nous sommes arrivés à Lannion, dans le quartier de Brélévenez, où nous avions loué une maison avec jardin.

Cependant, il faisait très froid et il y avait beaucoup de vent. Les propriétaires, un couple de retraités étaient là pour nous accueillir et nous expliquer le fonctionnement de la maison. Les filles ont tout de suite remarqué la belle assiette de crêpes dans la cuisine et se sont attablées pour goûter. J’ai fait le tour du propriétaire avec la dame. Les lits étaient faits, les pièces spacieuses et lumineuses, j’ai tout de suite senti que nous allions être bien.

Depuis le premier étage, on pouvait voir le clocher de l’église de Brélévenez. L’église est située sur une colline et domine la ville. Depuis la ville, on accède à l’église par un célèbre escalier de cent quarante marches, bordé de charmantes petites maisons. J’aime beaucoup cet endroit, et j’ai d’ailleurs une photo des marches de Brélévenez dans mon portefeuille depuis l’âge de 18 ans. Les propriétaires nous ont laissés et les filles ont visité à leur tour la maison. Felicia a tout de suite été fascinée par les poignées de porte en porcelaine au premier étage. Micaela a choisi son lit et a installé ses poupées. Lisa a étalé toutes les couvertures par terre pour choisir la plus belle. Mais nous sommes vite repartis, nous avions trop envie de voir la mer ! Et puis nous n’avions pas de pain. Nous sommes donc allés prendre l’air du large à Perros-Guirec et du pain chez Ty Coz.

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Dimanche après-midi de la semaine passée (il y a donc dix jours), nous sommes allés acheter des plantes. J’avais vu dans un documentaire pendant le festival du développement durable Atmosphères que cela faisait beaucoup de bien aux enfants de s’occuper de plantes. Bon, je le savais déjà, mais l’entendre à nouveau et ajouté à l’arrivée du printemps, je me suis dit que nous pourrions peut-être faire pousser quelques fraises ou quelques tomates sur le balcon.

Mon mari était très étonné, car je n’aime pas m’occuper des plantes. Mais les filles étaient ravies. Au magasin, il y avait beaucoup de monde ce jour-là, mais j’ai quand même réussi à mettre la main sur quelques plants de fraises. Oh, il y avait des moucherons qui volaient autour ! Alors que je me demandais s’il fallait replanter ces plants et dans quoi, j’ai remarqué un vendeur qui expliquait tout ça à un couple apparemment aussi novice que nous. Il fallait acheter du terreau, un grand bac, les arroser souvent... Oh là là, ça plus les moucherons, j’ai finalement reposé les fraises et nous sommes rentrés à la maison avec un pot de thym et un pot de menthe. Les filles étaient déçues et mon mari riait sous cape. J’ai posé les petits pots sur le balcon et je les ai oubliés.

Ce n’est qu’hier soir, en lisant le mot « thym » dans une recette de cuisine, que je me suis souvenue de leur existence. Je suis allée les arroser. Il faisait déjà nuit et je n’ai pas pu me rendre compte de leur état. Tant mieux. J’ai donc pu dormir tranquille. Ce matin, j’ai croisé Jacques.

— Est-ce que tu es allée admirer mes fleurs ? m’a-t-il demandé

Jacques vit au rez-de-chaussée et il a un petit bout de jardin devant ses fenêtres.

— Non, pas encore. Mais, j’irai.

C’est en parlant ainsi avec Jacques qu’une idée a germé dans ma tête.

— Dis-moi, tu crois qu’on pourrait planter un peu de menthe et du thym dans ton petit jardin ? J’ai justement deux pots dont je ne sais pas quoi faire.

Caroline est arrivée à ce moment-là.

— De la menthe, ah, ça m’intéresse !

— Eh bien, je crois que c’est possible, a répondu Jacques.

Et voici comment a pris fin mon premier jardin sur le balcon.

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Hier soir, Felicia était à peine sortie de sa classe qu’elle me parlait déjà de l’invitation que nous allions recevoir de la part des parents de sa grande amie.

— Elle m’a dit que son papa allait t’appeler ! Il va te demander si je peux dormir chez eux. Je dormirai dans la chambre avec elle et tu sais... je dormirai sur un matelas ! par terre !

Les yeux de Felicia brillaient de joie. Elle n’a parlé que de ça pendant tout le chemin du retour. Ce n’est pas la première fois que Felicia et sa copine échafaudent des plans pour dormir chez l’une ou chez l’autre et à chaque fois il est question du fameux matelas par terre ! Oh, ça a l’air trop bien le matelas par terre. Felicia en a parlé à mon mari lorsqu’il est rentré du travail.

— Son père t’a appelée ? m’a-t-il demandé.

— Non, pas encore ! ai-je répondu en souriant.

Felicia s’est inquiétée.

— Peut-être qu’il n’a pas ton numéro ! C’est peut-être mieux si tu l’appelles toi !

— Sa maman a mon numéro et elle ne m’a pas appelée.

— Ah.

Felicia était déçue.

— Peut-être elle t’a envoyé un SMS ?

— Non. Mais quand vous serez en CP, on invitera ta copine à dormir.

— Ah ! Je lui laisserai mon lit et je dormirai sur un matelas. On a un matelas, maman ?

— Mais oui !

Et voilà, le rêve peut continuer...

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Il y a des jours comme ça où rien ne se passe comme on le souhaiterait. Aujourd’hui, c’était comme ça pour moi. C’était une journée où je ne suis pas arrivée à faire ce que je souhaitais faire. J’ai été constamment interrompue dans mon travail, dans mes préparatifs (nous partons en vacances samedi matin), il y avait des travaux dans mon immeuble avec des bruits de perceuses et c’était jour de piscine pour Felicia. Vous vous souvenez que je fais partie des parents qui accompagnent la classe de Felicia à la piscine. Je suis rentrée à la maison lessivée, Micaela était de mauvaise humeur, Felicia ne voulait pas marcher et Lisa n’aimait pas le goûter que j’avais préparé pour elle. Nous sommes rentrées tant bien que mal à la maison. Et nous avions à peine passé la porte d’entrée que le téléphone sonnait. C’était ma vieille voisine.

— Est-ce que votre mari est rentré ?

— Euh, non, il est encore un peu tôt !

— Est-ce qu’il pourrait passer me voir ? Je crois que j’ai jeté mes lunettes de soleil dans la poubelle.

— Je vais lui dire. Je vous laisse...

— Oh, je suis embêtante, je sais !

J’avais bien envie de lui répondre que oui, qu’elle pourrait s’adresser à d’autres voisins que nous et que je pariais que ses lunettes n’étaient pas à la poubelle.

Mon mari est donc allé fouiller dans les poubelles en rentrant du travail, pendant une bonne demi-heure, alors que je me débattais avec nos trois filles. Bien sûr, il ne les a pas trouvées. Et en début de soirée, nous avons reçu un coup de téléphone de notre voisine.

— Mes lunettes étaient tombées à côté du téléphone.

J’en étais certaine qu’elles n’étaient pas dans la poubelle ! Au fait, pourquoi avait-elle besoin de lunettes de soleil, alors qu’elle ne sort pas de la journée ?

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Gilgamesh

Cet après-midi, j’avais quartier libre. Une autre maman était disponible pour accompagner les enfants à la piscine. J’avais prévenu Natasha et nous nous sommes retrouvées chez Un dimanche à Paris pour une petite réunion de travail. Tous nos sujets sérieux épuisés, nous sommes passés à d’autres sujets de conversation : la visite de mon amie espagnole et nos lectures en cours. Natasha lit en ce moment La dame aux camélias de Dumas fils.

— Et toi que lis-tu ? m’a demandé Natasha.

— Un manga sympathique sur une jeune femme à Tokyo qui se fait la cuisine rapidement. Et puis j’ai lu un livre que la maîtresse deFelicia m’a prêté qui se passait en Inde, c’était distrayant. Ah, et puis, j’ai terminé Gilgamesh.

Natasha est à l’origine de cette lecture, c’est elle qui m’avait parlé de ce premier roman de l’histoire. Et je l’avais commandé en découvrant qu’il existait une nouvelle adaptation dans la collection Librio (que j’aime beaucoup).

— Et ça t’a plu ? a demandé Natasha.

— Oui, j’ai bien ri.

Natasha m’a regardée avec étonnement. Je parlais en anglais alors j’ai cru que j’avais fait une erreur de prononciation comme la fois où j’avais dit « tunnel » et que Natasha avait compris « tuna ». Mais, non, pas d’erreur de prononciation.

— Gilgamesh t’a fait rire ? m’a demandé Natasha en appuyant sur le dernier mot. Je ne me souviens pas que c’était une histoire drôle.

— Si, si, ça m’a bien fait rire, et même plusieurs fois. Les situations sont comiques, les réactions de Gilgamesh ou d’Enkidu, sont parfois dignes de la maternelle ! Quoi tu as peur d’Humbaba ? Alors, je passerai devant, contente-toi de crier « En avant, n’aie pas peur ! » Ah, ah !

En rentrant à la maison, j’ai croisé sur ma route un joli papillon mauve. Le printemps est bien là. Il ne manque plus que les hirondelles.

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Le mercredi, les filles et moi nous levons plus tard parce qu’il n’y a pas école. Enfin, dans deux ans ce sera certainement différent, car l’école va repasser à quatre jours et demi par semaine à la place des quatre jours actuels (lundi, mardi, jeudi et vendredi). Les enfants travaillent actuellement de huit heures et demie à seize heures trente, avec une pause déjeuner de deux heures. C’est trop, nous le savons depuis longtemps et ce n’est pas un bon rythme pour eux. Donc une nouvelle loi va enfin permettre une nouvelle répartition du temps scolaire sur quatre jours et demi. Je trouve cela bien, mais je préférerais que la demi-journée soit le samedi matin. Je pense que c’est mieux pour les enfants, mais beaucoup d’enfants se lèvent déjà tôt le mercredi parce que leurs parents travaillent et qu’ils vont au centre de loisirs. Donc les derniers sondages dans notre ville sont plutôt en faveur du mercredi matin.

Ce matin, nous avons donc fait une petite grasse matinée. Lisa s’est levée la dernière. Et lorsqu’elle se lève tard, elle a du mal à s’endormir pour la sieste. Elle reste dans son lit, mais elle n’est pas inactive : elle lit, elle joue avec ses poupées, elle raconte des trucs (« ma maîtresse c’est Isabelle », « des lignes verticaaaaaaaales et des lignes horizontaaaaaaaales », « Grand Doudou, tu veux que je te coiffe ? », etc.). Cet après-midi, je suis allée voir si elle dormait vers quinze heures. Je l’ai trouvée endormie par terre, sur une couverture et presque entièrement dévêtue. A seize heures, je l’ai réveillée.

— Lisa, Lisa, c’est l’heure de se réveiller.

— Je veux encore dormir.

— Mais pourquoi dors-tu par terre ?

— C’est bien par terre !

— Mais tu peux prendre froid.

Et j’ai ajouté en riant :

— Et puis, tu n’es pas une clocharde !

Lisa s’est levée et a froncé les sourcils avant de crier :

— Siiiiiii, je suis une clocharde !

J’ai eu du mal à me retenir de ne pas rire. Encore une nouvelle à annoncer ce soir à mon mari. Nous avons une clocharde écossaise à la maison.

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