Feed on
Posts

Ce matin, je suis retournée chez le kiné pour ma fille et en rentrant j’ai manqué le bus de peu. Il m’est passé sous le nez! Le suivant étant plus d’un quart d’heure plus tard, j’ai décidé de rentrer à pied.
J’étais presque arrivée chez moi lorsque qu’une dame âgée m’aborda. “Excusez-moi Madame, pouvez-vous me dire si je suis loin de l’église Saint-Marc des Bruyères”.
- Non, vous êtes presque arrivée. Elle est à quelques mètres d’ici, sur votre droite.
- Ah, merci. Vous êtes bien aimable. Cela fait loin quand même de la gare! Est-ce qu’il y a un bus qui passe près d’ici?
- Oui, le 178.
- Ah, c’est pas mal. Je suis venue aujourd’hui car demain je dois assister à des obsèques et je voulais repérer le chemin. C’est à 13h30, il ne faut pas que je sois en retard.
Les yeux de la dame se sont soudain remplis de larmes.
- C’est pour mon docteur. Quarante-huit ans.
Je répète surprise “Quarante-huit ans”? pensant dans ma tête “ Le pauvre, il mort jeune”.
- Oui, quarante-huit ans que nous nous connaissions! Cela me fait quelque chose. Il connaissait toute ma vie. Je suis tellement triste!
- Il sera content que vous ayez pu venir à ses obsèques.
- Oui, il faut que je sois là. Il y aura sa famille aussi. Il a une belle famille.
- Je vais vous accompagner jusqu’à l’église.
- Vous êtes gentille. C’est joli comme quartier ici. Vous habitez là?
- Oui, cet immeuble.
A ce moment, mon bébé qui était dans son sac a émis un petit cri.
- Oh, mais il y a un bébé là-dedans?
- Oui!
- Oh, mais c’est rudement pratique votre sac... si j’avais pu avoir ça pendant la guerre, ça m’aurait bien rendu service. Je n’avais pas assez d’argent pour acheter un landau.
Nous nous sommes ensuite quittées. J’ai repensé à cette rencontre tout l’après-midi et à cette phrase “si j’avais pu avoir ça pendant la guerre”, pendant la guerre...
Heureusement que j’avais loupé mon bus, quelle rencontre!