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En ce moment, je suis en train de corriger des épreuves du GCSE; l'examen qui est l'équivalent approximatif du Brevet. Chaque année à cette époque je reçois une montagne de cassettes audio, et sur chaque cassette se trouvent les épreuves orales de français de six candidats. Au total, donc, je dois écouter les épreuves de plus de 250 élèves d' une dizaine de collèges en Angleterre. C'est une tâche que j'ai entrepris de faire après avoir pris ma retraite en tant que professeur de français et qui nous permet à ma femme et moi de nous payer des vacances en France de temps en temps.

Les cassettes arrivent, donc, et je me mets au travail. Chaque candidat doit accomplir trois épreuves: d'abord un petit dialogue, où son professeur joue le rôle d'un ami français et lui fait jouer une petite scène; ensuite une présentation, préparée à l’avance, suivie de quelques questions posées par son professeur; finalement une conversation générale. Le tout doit prendre entre 10 et 15 minutes.

Voilà donc le scénario; 250 fois 10 ou 15 minutes, ça fait quand même quelques heures d'écoute attentive pour décerner judicieusement des points aux prouesses linguistiques de ces adolescents à la recherche d’un diplôme leur permettant de continuer leurs études ou de se trouver des emplois convenables. Une lourde responsabilité, donc, et qui mérite d'être prise au sérieux.

Et ces candidats, comment sont-ils? Un beau mélange; certains d'entre eux sont très doués, capables de soutenir une conversation dans un français très respectable; d'autres sont moins confiants mais se défendent quand même; et puis il y a ceux qui ont subi cinq années scolaires de cours de français sans absorber la moindre trace de la langue de Molière.

Enfin, après avoir passé quelques heures à écouter ceux-ci mutiler la langue de Laetitia, je peux toujours me brancher sur iTunes et laisser sa douce voix réparer le mal avec une dose de français parfait.