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Archive for November 2010

Le kouglof du XIIe

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Aujourd’hui, j’ai reçu un coup de téléphone de ma mère. Elle voulait me reparler du délicieux kouglof que nous avions rapporté du 12e arrondissement, lors de notre séjour un peu forcé dans ce quartier. Oui, je vous parle bien de la brioche alsacienne. Les origines sont diverses, on parle des ottomans, de Marie-Antoinette (je crois que son goût pour la brioche est bien connu). Ce n’est pas la brioche fondante, pleine de beurre comme nous la faisons à Paris. C’est une brioche qui se rapproche du pain, garnie de raisins secs et décorés sur le dessus d’amandes entières (qui cuisent avec le gâteau) et de sucre glace. Bien décidée à ne pas me laisser abattre par le séjour de Felicia à l’hôpital, j’ai proposé samedi à mon mari d’aller faire un tour pour s’aérer et se dégourdir les jambes. - J’ai trouvé l’adresse de cette pâtisserie sur la page de Gour-man, on pourrait s’acheter des gâteaux pour le goûter. Je pense que ça ferait plaisir à Felicia de manger un éclair au chocolat. - Oh, oui ! Un éclair, je veux un éclair tout de suite, s’est écrié la malicieuse gourmande. - D’accord. Et qu’est-ce qui te ferait plaisir à toi ? - Gour-man parle de leur tarte au citron... Ça me dit bien. Ah, tu pourrais aussi prendre un kouglof, il paraît qu’ils font le meilleur kouglof de Paris. - D’accord, à tout à l’heure ! A peine une heure plus tard, mon mari était de retour. Felicia s’était endormie. Nous l’avons attendue pour commencer notre petite dégustation. Tout était très bon. J’avais gardé le kouglof pour la maison. Et en rentrant, j’ai offert à mes parents de le partager. Ma mère l’a trouvé si bon qu’elle ne rêve que d’en manger à nouveau. Pour ma part, je l’ai trouvé très sucré et plus brioche que pain. Voilà, c’était une délicieuse brioche, mais pas un kouglof. Maintenant, c’est moi qui rêve de me lancer dans la confection du kouglof...

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Repas gastronomique

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Aujourd’hui, j’ai appris en lisant un article sur Internet que le repas gastronomique des Français venait d’être admis au patrimoine immatériel de l’humanité. D’après ce que j’ai cru comprendre, il s’agit de notre tradition des repas de fête comme les repas de famille pour un anniversaire, ou le repas de mariage, bref, les « événements marquants d’une vie ». Apéritif, entrée, plat, fromage, dessert, digestif. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose d’être au patrimoine de l’humanité, mais cette découverte me donne l’occasion de vous parler de mon dernier repas gastronomique. Il a eu samedi 13 novembre et je n’ai pas pu vous le raconter la semaine dernière pour les raisons que je vous ai expliquées hier. Caroline et moi avons rencontré une dame de notre quartier (une jeune retraitée comme elle se définit elle-même) qui est passionnée de cuisine et qui propose de faire la cuisine à domicile. C’est ainsi que nous avons eu l’idée de nous offrir un repas familial en réunissant nos deux familles et en confiant la confection du repas à cette dame. Nous avions choisi un plat que ni Caroline, ni moi n’avons le temps de préparer en ce moment, une blanquette de veau. La dame nous a préparé une blanquette de veau à l’ancienne avec un fond de veau. Le fond de veau sert de base à la sauce, il s’agit de faire réduire un bouillon d’os de veau et de légumes (carottes, oignons, poireaux, etc.). La dame, son fond de veau maison sous le bras (c’est une image), est arrivée chez Caroline samedi matin. Elle a cuisiné toute la matinée et nous nous sommes retrouvés pour le déjeuner. Avec quatre enfants à table et deux bébés à s’occuper, nous avons passé certaines étapes du repas gastronomique. Pas d’apéritif et pas d’entrée ; nous sommes allés à l’essentiel, le plat. Nous avons très bien mangé et bien bu, mon mari avait sorti de sa réserve secrète un Meursault blanc. Le mari de Caroline avait préparé un beau plateau de fromages avec du Cantal vieux (très vieux ; il faut absolument que vous alliez jeter un œil sur la photo qui illustre ce podcast), du brie et du comté. Et en dessert, la dame nous avait préparé une tarte au citron et un moelleux au chocolat. Gastronomique, non ?

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Tombée par terre

La semaine dernière a été assez mouvementée pour nous. Je n’ai pas pu mettre en ligne de podcast. Ma deuxième fille Felicia a fait une chute sur les dents deux fois de suite à quarante-huit heures d’intervalle. Ce qui n’était qu’un gros bobo, avec une petite fracture de l’os qui tient les dents, a pris d’autres proportions jeudi matin quand Felicia s’est réveillée avec la tête d’un boxeur après un match. -    Je veux la voir tout de suite, m’a dit la pédodentiste qui nous avait reçus en urgence le mardi précédent. Mon père nous a emmenées en voiture jusqu’à son cabinet. -    C’est une infection, les antibiotiques qu’on lui a prescrits en première intention n’ont pas été assez forts. En plus, je me demande s’il n’y a pas une fracture plus haut. J’ai bien peur qu’il faille l’hospitaliser. La dentiste a cherché un hôpital qui avait de la place pour elle dans un service spécialisé. C’est ainsi que nous avons atterri à l’hôpital Armand Trousseau dans le XIIe arrondissement de Paris, au service des urgences. L’après-midi a été très long et Felicia a dû rester à l’hôpital pour recevoir un traitement par perfusion. Heureusement, le spécialiste que nous avons vu n’a pas diagnostiqué de fracture de la face. Mon mari, qui nous avait rejoints aux urgences, et moi-même étions soulagés. Ensuite, il a fallu s’organiser pour rester avec elle. Elle est rentrée à la maison dimanche après-midi, toute neuve et très heureuse de retrouver ses sœurs et sa maison. Fin d’une parenthèse comme a dit Caroline.

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Au Cnit

Vous savez que le mercredi il n’y a pas école. Aujourd’hui, mes parents se sont occupés des filles. Mon père veillait sur Lisa pendant sa sieste du matin et j’ai accompagné les deux grandes chez mes parents à La Défense où elles ont passé la journée avec ma mère. J’ai profité de ma venue à La Défense pour faire un peu de shopping. Je suis allée au Cnit. L’intérieur du Cnit a entièrement était réaménagé l’année dernière et je n’y étais pas retournée depuis la fin des travaux. Hum, comment vous décrire le Cnit? C’est un bâtiment particulier, moderne et novateur. C’est une grande voile blanche triangulaire, gonflée par un vent imaginaire et retenue au sol par ses trois coins. Il a été construit en 1958 et il a été inauguré par le Général de Gaulle et André Malraux. Il accueille de grands salons professionnels liés aux technologies, mais aussi un centre commercial. Dans le grand hall du rez de chaussée se croisent des hommes d’affaires, des personnes venues faire leurs courses, des jeunes. Le mélange est étrange. Je dis que les gens se croisent, mais en fait ce n’est pas exactement ça. Ce n’est pas comme si c’était un couloir de correspondance dans le métro. Le hall est très grand, les gens semblent marcher à un pas raisonnable, certains flânent, certains sont arrêtés et discuttent.  C’est un peu comme si l’espace les ralentissait. Au fond du hall, avant l’accès à la partie centre d’affaires et salons professionnels, il y a des bancs ronds où beaucoup d’hommes et de femmes d’affaires s’assoient pour utiliser leur téléphone portable ou leur ordinateur. Ils sont concentrés et cela les rend intéressants à observer. Je me suis assise un instant après mon shopping fructueux, mes sacs à la main. J’entendais des bouts de conversations. • Il faut surtout qu’on leur montre qu’on croit en notre projet. C’est essentiel. • On ne bougera pas tant que le contrat ne sera pas signé. • On n’a pas su gérer la situation. C’est bien ça qu’il faut reconnaître. Quel jargon! Je me demande si les gens emmènent aussi leurs mots du travail à la maison. - Il faut surtout qu’on croit à la réussite de notre blanquette de veau. C’est essentiel. - On ne bougera pas tant que tu n’auras pas signé ta lettre au Père Noël. - On n’a pas su gérer le bain des enfants. Il faut reconnaître qu’il y a de l’eau partout dans la salle de bains.

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Autour du vin à la Biocoop

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Aujourd’hui, je suis allée faire quelques courses à la Biocoop. J’aime toujours autant ce magasin. Dans une allée, je suis tombée sur la directrice. Nous nous sommes dit bonjour, comme d’habitude, et elle s’est arrêtée pour faire un petit coucou à Lisa. J’en ai profité pour échanger quelques mots avec elle. En effet, la directrice avait fait l’objet d’une interview dans le précédent numéro du journal des Biocoop, distribué gratuitement chaque mois. Elle était interviewée car elle est chargée de la sélection des vins pour l’ensemble du réseau Biocoop. Septembre étant traditionnellement le mois des foires aux vins, elle y parlait des sélections faites pour le réseau et de ses critères de choix. J’ai appris en lisant l’article qu’avant de travailler pour Biocoop elle avait été vigneronne. Vous savez que j’ai un intérêt particulier pour le vin. Mon travail dans l’édition est d’écrire et de publier des livres pour les professionnels. Mon best-seller est un guide de conversation français-anglais pour les vignerons. Je lui ai raconté que c’est quand j’avais travaillé sur ce livre que j’avais vraiment découvert le bio.  En effet, c’est par un caviste, également sommelier, que j’avais interviewé pour le livre, que j’ai appris beaucoup de choses sur le vin. Son chemin professionnel l’avait amené à rencontrer des vignerons engagés dans le bio, une véritable révélation pour lui et pour ses papilles. Je me rappelle qu’il me disait «Je vais te faire goûter ce vin, c’est une bombe».  Mais en parlant à la directrice, j’ai surtout parlé du contact avec les vignerons. Elle m’a dit que pour elle aussi, les vignerons étaient à part. Dans mon livre, j’ai mis pas mal de phrases en relation avec l’agriculture biologique et aussi une partie sur l’expression de ses sentiments sur le vin. Les sentiments, la poésie, la vie quotidienne du vigneron. Je crois que c’est aussi tout ce que l’on retrouve dans un vin.

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Les gâteaux du dimanche

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Depuis que nous sommes arrivés à Trégastel, les filles se sont attribuées la table basse du salon pour jouer. Elles travaillent, nous disent-elles quand on les appelle pour manger, pour sortir, pour faire leur toilette. Mais ce matin, je n’ai eu aucun mal à les faire quitter leur passionnant travail. - Vous venez les filles! On va acheter les gâteaux! - Ah, vite, on y va avant qu’ils nous piquent nos éclairs au chocolat! s’est exclamée Micaela lachant son feutre et son dessin pour se précipiter vers ses chaussures. - Le monsieur pas piquer mon éclair au chocolat! s’est écrié Felicia imitant sa sœur. Qui sont ces ils et ce monsieur? Tout ceci mérite une petite explication. Hier, nous leur avions annoncé que nous irions le lendemain acheter des gâteaux chez Ty Coz notre boulangerie-pâtisserie préférée de Perros. J’ai expliqué que le dimanche était le jour des gâteaux. Pourquoi? m’a demandé Micaela. Parce que les gens vont à l’église, ils se font beaux et en sortant de l’église ils passent s’acheter un gâteau. Alors demain matin, quand je vous dirai de vous préparer, il ne faudra pas traîner parce que sinon, les gens qui sortiront de la messe vous piqueront votre éclair au chocolat. Il faut voir ça, la boulangerie est juste en face de l’église, et dès que la messe est terminée ils traversent en courant pour s’acheter leur gâteau. Ma description était un peu exagérée bien sûr. Il y avait un peu de queue lorsque nous sommes arrivés chez Ty Coz. Les filles m’ont accompagnée dans le magasin. Il y avait encore plus de queue lorsque nous sommes sorties. - Ce sont les gens de la messe, m’a demandé Micaela. - Oui, ce sont eux. - Ah, heureusement qu’on est arrivé avant pour prendre notre éclair. Et tu les as vu courir Papi? - Oui, je les ai vus courir a dit mon père. - Ah, tu sais maman, j’aurais bien aimé les voir courir, m’a dit Micaela.

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Des crêpes à la ferme

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Aujourd’hui, nous étions invités pour le goûter à la ferme de Marie-Claire. La ferme était magnifique dans les couleurs encore tendres de l’automne. Sur l’étang, il y avait foule : des canards, des oies, deux cygnes noirs et un cygne blanc. Dans les prés alentour, le troupeau de brebis et de chèvres broutait l’herbe salée par la mer toute proche. Aude, la fille de Marie-Claire, avec qui je suis amie, nous a préparé des crêpes sur sa billig. La billig est la plaque ronde en fonte d’environ 40 centimètres de diamètre sur laquelle on fait cuire les crêpes. Aude dépose une louche de pâte au centre de la plaque et l’étale avec un rozell, un petit râteau lisse. Il faut avoir le coup de main pour bien étaler la pâte et faire une crêpe bien fine. Elle nous a proposé de commencer par une crêpe au caramel au beurre salé. Le caramel au beurre salé est une spécialité du coin, il s’agit d’une pâte au caramel, à la crème fraîche, au beurre et au sel. C’était délicieux. Les filles sont restées classiques avec une crêpe au chocolat. C’était super pour discuter, elles étaient silencieuses, absorbées dans leur dégustation. J’ai demandé à Aude sur quoi elle travaillait en ce moment. Elle se lance dans la sculpture monumentale. Nous avons ensuite visité son atelier. Cette jeune femme déterminée m’impressionne! Je suis contente de l’avoir pour amie. La fréquenter est revigorant. Attirée par l’odeur des crêpes, Marie-Claire a pointé le bout de son nez. - Hum, ça sent bon les crêpes! J’en prendrais bien une avant d’aller traire les biquettes.

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Vendredi matin, mon mari m’a téléphoné pour m’annoncer deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. La première était qu’il avait fait le plein avant d’aller au travail ce qui signifiait que nous pouvions partir en vacances. La deuxième était qu’on lui demandait de renoncer à ses vacances! Il travaille dans le transport de produits pétroliers et les grèves ont entraîné des complications d’approvisionnement donc des complications dans son travail. Je suis passée du soulagement à une vive déception. - Demande à ton père s’il peut vous accompagner. Ce serait dommage de ne pas partir du tout, m’a suggéré mon mari. Mon père, ravi d’un séjour inespéré en Bretagne, a tout de suite dit oui. Nous sommes donc partis. Sur la route, il y avait un peu la queue aux stations d’essence, mais surtout autour des grandes villes : Paris, Le Mans, Rennes. Nous avons fait le plein à la sortie de l’autoroute dans une station où il n’y avait que deux voitures qui faisaient la queue par pompe. Pendant que la voiture roulait, je repensais au mail d’un ami Américain qui m’avait écrit quelques jours auparavant. Il était inquiet et souhaitait que les manifestations et leurs débordements aient évité notre quartier. Mais quelle image avait-on donné de la France? Je trouvais cette inquiétude exagérée, les manifestations ayant surtout lieu dans Paris intra muros. C’est un peu comme si je lui avais écrit, au moment de la crise des subprimes, que j’avais peur qu’il ne se fasse expulser. Il ajoutait que les grèves sur les retraites n’avaient pas la sympathie des Américains qui partent à la retraite en moyenne à 66 ans. Alors, premier point la retraite qui passe de 60 à 62 ans concerne pour cet âge seulement les personnes qui ont leurs 41 de cotisations. Il s’agit des personnes qui ont commencé à travailler à 21 ans ou avant. Si par exemple vous avez commencé à travailler à 25 ans, vous partirez à la retraite à 66 ans (25+41). Mais, les Français défendaient d’abord un système, le régime des retraites par répartition qui est un régime qui repose sur la solidarité entre les générations : les actifs payent les pensions des retraités.  Problème, nous disent les politiques, il y a de plus en plus de retraités. Pour pallier à ce problème démographique, il va falloir que les salariés travaillent plus longtemps. Ne trouvez-vous pas étrange que l’on allonge la durée du travail dans un pays où près d’une personne de plus de 55 ans sur deux est au chômage? Ce n’est pas étrange si l’on trouve par ce biais un moyen de baisser le montant des pensions. C’est bien ce qui se passe si, lassé de chercher du travail à disons 60 ans, vous décidez de prendre votre retraite. Vous n’avez pas cotisé les fameux 41 ans alors on applique une décote au montant de votre pension. Et ce montant ne fait que baisser depuis des années grâce à différentes lois. Par exemple la loi Balladur : le montant de votre pension est calculé non plus sur les 10 meilleures années, mais les 25 meilleures années. Et c’est là que les retraites privées pointent leur nez, offrant des solutions par capitalisation. Et à qui profitent-elles? Aux financiers d’un côté et à ceux qui en ont les moyens de l’autre. Et hop! à la poubelle la solidarité. A-t-on étudié d’autres solutions? Par exemple soumettre à cotisation les revenus du capital. Non, il ne faut surtout pas faire peur aux marchés, ces grands dictateurs. Augmenter les cotisations? Non, cela nuirait à la productivité (depuis quand la productivité tient-elle compte du montant des cotisations? On ne parle pas d’augmenter les salaires!). Bref, pour beaucoup de Français tout ça sent l’arnaque. Et les lycéens, préoccupés de leur avenir, l’ont aussi senti. Alors, non ce mouvement n’est pas sympathique, il est essentiel. Sinon, le voyage s’est bien passé. Notre maison est très agréable et la mer est toujours aussi belle par ici.

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