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Archive for August 2008

Le goût de la dernière semaine

Voilà, c’est ma dernière semaine en Bretagne. Mon séjour prend fin, j’ai presque envie de dire “déjà” car je n’ai pas vu le temps passer. Je commence à réaliser qu’il faut que j’en profite encore, qu’il faut que je fasse provision d’images, d’odeurs et de goûts pour tenir jusqu’à l’année prochaine.
Ce qui va me manquer le plus, c’est la mer ; la mer qui nous accompagne toute la journée dans ses différentes humeurs, ses couleurs magiques, fascinantes et parfois terribles. Je n’ai pas pu souvent m’absenter pour aller marcher sur la plage, sentir l’odeur de la mer, du vent ou de la nuit, mais j’aimais regarder les gens le soir ou tôt le matin qui pouvaient profiter de ce plaisir.
Les tartines de pain de la boulangerie Ty Coz vont aussi me manquer, bien beurrées et recouvertes de confitures de cassis... Et puis aussi, les crêpes au lait de chèvre de Aude, la fille de Marie-Claire la fermière. Elles sont tellement légères et délicieuses. Et puis la ferme aussi et Marie-Claire au milieu de ses animaux (vous vous souvenez comment elle appelle ses chèvres et ses brebis le soir lorsque c’est l’heure de rentrer : allez les filles, on rentre!).
Les promenades à Ploumanac’h, au milieu des rochers roses vont me manquer. Il m’est souvent arrivé en me promenant là-bas de vivre des moments parfaits,vous savez quand tout s’accorde : l’air, la lumière, le paysage et vous-même.
Il y a d’autres choses toutes simples qui vont me manquer comme le sourire et la gentillesse de Véronique la marchande chez qui mon père s’approvisionne en tomates ou regarder avec ma fille les hirondelles voltiger au niveau de notre balcon les jours de mauvais temps.
Allez, Perros, on se revoit certainement l’année prochaine!

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Le couvent alternatif

Ce matin, nous sommes allés à Tréguier pour une course. Alors que nous étions sur le chemin du retour, je pose la question rituelle à mon père : au fait, qu’est-ce qu’on mange ce midi?
A ce moment-là, je me rappelle que Marie-Claire la fermière avait parlé à mon père d’un très bon charcutier à Camlez, que tout était absolument délicieux chez lui. On peut facilement se rendre à Camlez depuis la route qui va de Tréguier à Perros.
- Et si on allait chez ce charcutier de Camlez?
- D’accord, on y va.
Camlez, c’est une toute petite ville avec une grosse église. On a traversé le bourg, pas le moindre commerce à l’horizon. Enfin, j’avais cru voir une pancarte avant l’église. Mon père a fait demi-tour, nous avons retrouvé la pancarte, il s’agissait d’une religieuse dessinée sur une planche en bois sur laquelle on pouvait lire “Couvent alternatif”.
- Couvent alternatif, qu’est-ce que c’est que ça, ai-je dit à mon père en rigolant devant l’allure de la religieuse peinte au gros pinceau.
Puis, nous avons vu une autre petite pancarte sur laquelle était écrit “Crêperie chez Nénène” et Charcuterie-épicerie “En rillettes”.
- Je crois que c’est là, ai-je dit à mon père.
Nous sommes rentrés dans la petite cour de l’ancien couvent transformé, je l’ai lu ensuite sur Internet, en lieu de commerce équitable local. Et la charcuterie, c’était bien là. Le magasin tout adorable avec une dame charmante. Nous avons pris des saucisses à l’estragon que nous avons mangé ce midi. Hum, hum, les meilleures saucisses que j’ai jamais mangé depuis longtemps! J’aimerais bien goûter les crêpes... ce sera pour une autre fois. Merci Marie-Claire pour la bonne adresse.

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Un délice de crème

Il y a quelques jours de cela, je me promenais dans le centre de Perros. Mes pas de menèrent complètement par hasard vers la vitrine de la pâtisserie, l’autre, celle dont les boîtes à gâteaux sont bleues. En vitrine, de jolies tartes aux fraises (déjà goûtées, il y a quelques semaines), des macarons (j’en ai un peu assez des macarons) et les traditionnels gâteaux et fars bretons au pruneaux. Quand tout à coup, qu’aperçois-je plus loin dans la vitrine? Les plus beaux, les plus séduisants, les plus appétissants et surtout les plus hauts des choux à la crème que j’ai jamais vus! Je suis restée à admirer la rangée de gâteaux pendant plusieurs minutes.
Mon père m’a rejointe.
- Tu as vu, Papa, ces choux à la crème?
- Hum!
- Oui, mais non, ce ne serait pas raisonnable. Il nous reste encore de la tarte aux abricots à la maison.
- Moi, ça ne me pose pas de problème.
- On reviendra.
Et voilà que chaque jour je passe devant la vitrine et chaque jour ces choux me semblent de plus en plus irrésistibles.
Alors, aujourd’hui, j’ai craqué! Mais de la belle manière, pour un test avec une autre pâtisserie de Lannion. Bon, eh bien, les apparences étaient trompeuses car c’est l’autre pâtisserie qui a gagné le test, avec un chou certes d’allure plus simple, mais au final bien meilleur. La pâte à chou était moelleuse, la crème légère, le chou fourré avec une crème fondante à la vanille... alors que l’autre avait une pâte sèche et au final trop de crème. Enfin, je me suis quand même bien régalée.
Les photos des choux, c'est ici.

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En ménage

Ce matin, je crois que nous avons failli rendre folle une vieille dame qui habite l’immeuble! La pauvre descendait prendre son courrier au niveau 0, là où se trouvent les boîtes aux lettres. A ce moment-là mon père a appelé du niveau 1 (au niveau rue) l’ascenseur pour monter au troisième étage. L’ascenseur en chemin pour prendre la dame au zéro s’arrête au premier et descend. Mon père était accompagné de mon bébé et de la poussette... occupant tout l’ascenseur.
- Ne vous en faîtes pas, Monsieur. Je prendrai le suivant, a dit la dame lorsque les portes se sont ouvertes.
Mais, entre temps, je suis arrivée moi aussi au premièr étage avec ma grande fille et sa poussette. J’ai appelé l’ascenseur. Et re-belotte, celui-ci descend à l’appel de la veille dame toujours au zéro.
La porte s’ouvre et elle nous voit.
- Oh, vous descendez? me demanda-t-elle.
- Non, nous montons. Vous voulez monter avec nous, il y a la place. Je vais pousser un peu la poussette.
- Je veux bien, merci. ça fait deux fois que j’essaye de monter. Je ne comprends rien à cet ascenseur. En plus, je ne suis pas habillée, je suis simplement en ménage.
En rentrant à la maison, je demande à mon père s’il a vu la vieille dame.
- Oui, elle n’a pu monter avec nous.
Je lui raconte alors notre petite discussion. Et en entendant, “en ménage”, il me dit : ça c’est une expression à noter. Que voulait dire la dame par là? Simplement qu’elle était en tenue pour faire le ménage et non pour sortir et rencontrer des gens. C’est mignon, vous ne trouvez pas?

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Cueillette facile

Hier, alors que nous rendions visite à Marie-Françoise sur son stand au marché de Trégastel, elle nous a proposé de venir cueillir des mûres avec elle.
- C’est à Plélo. C’est à quelques kilomètres seulement de mon marchand de miel et comme je dois y retourner pour faire le plein, je vais en profiter pour aller cueillir des mûres. ça vous dirait de venir?
- Comment ça se passe exactement? ai-je demandé.
- Eh bien, c’est une exploitation et on peut y cueillir soi-même des fruits et des légumes.
- Ah, oui, on a souvent fait ça en Angleterre! a dit mon père.
- Alors, vous viendrez?
- D’accord.
Nous avons retrouvé Marie-Françoise sur la place de l’Eglise de Plélo, petit bourg situé à quelques kilomètres de Guingamp, sur la route de Saint-Brieuc. Nous l’avons suivie en voiture jusqu’à l’exploitation. Il ne faisait pas très beau, mais nous avons évité la  pluie.
Là-bas, on nous a remis une petite cagette et nous nous sommes dirigés vers les mûriers, bien plantés en rangées espacées (idéal pour circuler avec une poussette!), les branches parfaitement palissées sur des fils de fer.
Mon père, grand cueilleur de mûres à la ferme de Marie-Claire, n’en revenait pas de ces conditions idéales. Il a plutôt l’habitude de batailler avec les ronces et de devoir monter sur un escabeau pour atteindre les plus beaux fruits.
Ma petite fille nous a aidé, ravie par ce nouveau jeu. Au final, en seulement une heure, nous avons cueilli cinq kilos! Nous nous sommes arrêtés lorsque la pluie s’est mise à tomber. Hum, Marie-Françoise nous a promis un pot de gelée de mûres pour vendredi... Miam-miam!

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A Paimpol

Ce matin, les conditions étaient à nouveau réunies pour une petite excursion : pas de pain à acheter, pas de courses à faire pour le déjeuner, tout le monde sur le pont de bonne heure!
Cette fois, nous sommes partis à Paimpol, à trente kilomètres de Perros. C’est une très jolie ville, assez grande, très célèbre pour son passé. C’est de cette ville que partaient de nombreux bateaux au dix-neuvième siècle pour pêcher la morue en Islande. La dureté de cette vie de pêcheur a inspiré un roman très célèbre à l’écrivain Pierre Loti, intitulé Pêcheur d’Islande. Ce roman est paru en 1886 fût un véritable succès. Il est encore très célèbre de nos jours. Je l’ai lu il y a plusieurs années et j’étais très heureuse de me promener dans la ville où se situe l’histoire d’amour entre Gaud la fille de commerçant et Yann le pêcheur “Islandais”.
Nous avons commencé par visiter le port et ses deux bassins à flots. Il y avait beaucoup de bateaux britanniques amarrés.
Ensuite, nous nous sommes promenés dans les rues piétonnes du centre ville. C’est très joli et très agréable. Il y a beaucoup de petits magasins, de vieilles maisons à admirer.
Vers la fin de la matinée, nos pas nous ont menés à une petite place avec un manège. C’était un drôle de manège avec des engins bricolés plutôt que de classiques chevaux de bois. Et sur chaque engin, il y avait une manivelle pour faire tourner une hélice. Ma fille s’est bien amusée.
Pour finir, nous sommes passés devant un chocolatier dont la vitrine ne semblait jamais finir. Je suis rentrée pour acheter quelques bouchées et rien que l’odeur du cacao qui flottait dans le magasin était une merveille!
Nous avons quitté Paimpol en nous promettant d’y revenir avant la fin des vacances.

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Promenade du Leguer

C’est la pleine saison en ce moment, à Perros. Il y a beaucoup de monde, des vacanciers. Pour notre promenade, nous avons eu envie de calme. J’ai proposé à mon père d’aller marcher “au Léguer”.
- Au Léguer! m’a-t-il répondu, tu crois que ça va être possible avec les poussettes?
- Ben, oui, c’est parfait avec les poussettes!
- Au Léguer?
- Oui, au Léguer. Ah, ça y est, tu confonds avec le Yaudet!
- Ah, oui, Le Léguer, je n’y étais pas du tout!
On a bien rigolé.
Mon père confondait le chemin de halage qui part de Lannion, le long du Léguer (la rivière qui traverse Lannion) et le Yaudet, petite pointe dans l’estuaire du Léguer. J’aime beaucoup aller au Yaudet, mais le chemin qui y mène est très en pente, en partie dans un sous-bois, donc totalement impratiquable avec des poussettes. C’est un endroit très joli, on aperçoit l’embouchure, tout près, et à marée haute on voit s’y engouffrer les voiliers qui rentrent s’amarrer au petit port de plaisance du Yaudet. Il y a une petite plage très mignonne, chaleureuse, qui n’a pas dû beaucoup changer depuis la préhistoire.
La promenade du Léguer est au contraire un joli chemin qui longe la rivière. C’est un ancien chemin de halage, c’est-à-dire qu’autrefois il était utilisé par des attelages de chevaux qui tiraient des bateaux de commerce jusqu’à l’estuaire. Le chemin est en lisière de la forêt, c’est un endroit très calme, les arbres sont très denses et hauts. Il vaut mieux y aller par beau temps car c’est un peu sombre. Mais, j’aime bien m’y promener. Je marche et je pense tranquillement.

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Les carrières de La Clarté

Aujourd’hui, mon père et moi ne savions pas trop où nous promener. J’ai réfléchi cinq minutes.
- Si on allait voir les carrières à La Clarté? J’ai envie d’y aller depuis un petit bout de temps déjà.
- Si tu veux, m’a répondu mon père avec un enthousiasme modéré.
- On pourrait en profiter pour découvrir la nouvelle boulangerie Ty Coz et s’acheter un goûter!
- Ah, ça c’est une bonne idée! Hum, s’ils en ont, je leur prendrai un éclair au café!
- Et moi, je craquerai pour un pavé aux amandes.
- Et moi, une tarte aux fraises, a ajouté ma petite fille malicieuse.
Nous nous sommes donc rendus à La Clarté, ce petit bourg à trente minutes à pieds de chez nous, dont je vous ai déjà parlé il y a quelques semaines. Ce que je ne vous avais pas dit, c’est que l’église de La Clarté avait été construite au XVe siècle par un marquis qui s’était cru perdu en mer, derrière les Sept Îles, un jour de grande brume. Sauvé, ses prières ayant été exaucées, il fit construire en remerciement cette église en granit rose. Le granit rose est partout par ici, la Côte de granit rose s’étend sur 30 kilomètres et j’ai lu qu’il n’y en avait que trois au monde, une ici, en Bretagne, une autre en Corse et la dernière en Chine!
Le granit est toujours extrait de nos jours dans les carrières en contre-bas de l’église.  On ne peut pas les visiter comme ça, mais de la route, en s’approchant des grilles, on voit bien les grands pans de pierre aux couleurs flamboyantes. Ce sont des lieux impressionnants, gigantesques, qui me donnent le frisson.

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La visite des pompiers

Ce matin, j’ai emmené mes petites filles faire un tour à la plage. De l’appartement, j’ai le choix entre deux chemins ou plutôt itinéraires. Je peux passer par la route qui descend ou bien emprunter un petit chemin qui passe entre les maisons. Ce dernier est plus direct, mais comme le chemin n’est pas goudronné ce n’est pas bien pratique avec une poussette. J’ai donc pris la route.
Nous avons marché sur la grande plage de Trestraou, regardé les vedettes qui partaient pour voir les Sept Iles, observé de près quelques galets et nous avons terminé par un tour de manège! Il y a manège en retrait de la promenade qui longe la plage. Ma fille de deux ans et demi aime tellement ça que nous avons acheté des tickets à l’avance. Depuis le début, elle ne monte que dans la voiture bleue. Elle adore conduire.
Après le tour de manège, nous sommes rentrées et nous avons découvert devant la résidence un gros camion de pompiers, une ambulance et un autre véhicule des pompiers. Plusieurs hommes en tenue circulaient dans l’immeuble. Dans l’ambulance, j’ai aperçu une dame avec un masque à oxygène. Tout le monde dans la rue s’arrêtait pour regarder. Tous les voisins étaient à leur fenêtre.
Je me suis approchée d’un pompier.
- Que se passe-t-il?
- Vous habitez ici?
- Oui.
- A quel étage?
- Au troisième.
- Il y a une odeur de gaz dans un appartement au second. On vérifie tout l’immeuble, mais vous pouvez remonter chez vous. Cependant, si vous pouviez éviter de prendre l’ascenseur.
- D’accord, ai-je répondu à moitié rassurée.
Les pompiers sont restés deux heures. Ma petite fille les a regardés avec admiration tout le temps et elle a pleuré lorsqu’ils sont partis. Moi, j’étais soulagée.

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Un rêve au chocolat

Samedi, nous avions commandé un gâteau au chocolat chez notre pâtissier préféré (là où mon père achète le pain). Nous sommes allés le chercher dimanche matin, en famille. Mon mari, qui a repris le travail depuis plusieurs semaines, était là pour le week-end.
Pas question ce jour-là de prendre la voiture car il y avait dans Perros un vide-grenier. Les trottoirs des rues du centre étaient remplies de petits stands.
Nous nous sommes pliés au rythme lents de la foule des promeneurs du dimanche. On avance, on jette un œil par-ci, par-là sur les stands : des bibelots, des vieux services à café, des poupées vêtues de vêtements tricotés à la main, des vieilles revues Strange, des bidons à lait, des filets de pêcheur, de vieux appareils photos, des chaises, etc.
Enfin, nous nous sommes arrachés à la promenade léthargique aux environs de la boulangerie pâtisserie. La boulangerie le dimanche, et particulièrement celui-là, était comme une ruche, bondée à craquer de clients anxieux d’avoir leur gâteau ou leur pain entre les mains, jaugeant la longueur de la queue, la quantité de gâteaux dans la vitrine et les vendeuses comme des abeilles virevoltaient d’une commande à l’autre.
- Et pour monsieur, ce sera?
- Un baba, une tarte aux fraises, deux éclairs au café, trois baguettes du Trégor!
Finalement, ce fût le tour de mon père. Il ressortit avec la précieuse boîte rose fuschia que l’on remarque en ville en se disant “Tiens, ils ont acheté un gâteau chez Ty-Coz”. Dimanche, c’était notre tour de se promener avec la boîte rose et dedans, qu’y avait-t-il dedans? Un rêve léger tout en chocolat.

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