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Archive for April 2008

Radio du bassin

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous au centre de radiologie pour faire faire à mon bébé la radio du bassin des quatre mois. Elle a déjà quatre mois! Que le temps passe vite! J’étais déjà allée dans ce centre deux ans plus tôt pour ma première fille et je n’en avais pas un très bon souvenir.
Premier cap à passer, les secrétaires de l’accueil qui parlent comme des automates à force de répéter la même chose toute la journée, tous les jours.
- Bonjour Madame, vous avez rendez-vous?
- Votre carte vitale, s’il vous plaît.
- Asseyez-vous, on va vous appeler.
Plusieurs dames d’un certain âge sont là pour des mammographies. La secrétaire automate leur demande à chaque fois bien fort :
- Vous avez emmené votre dernière mammographie?
Je trouve que c’est une façon peu discrète de parler d’un examen qui traite d’une partie intime de la femme devant des inconnus. Je me dis que la secrétaire pourrait dire vos “derniers clichés”.
Une jeune femme vient nous chercher. L’examen se passe bien. Mon bébé est tout sourire. Je dois ensuite attendre au bout du couloir pour voir le docteur. Il y a des posters encadrés au mur, tous du même artiste : Thomas McKnight. Un des tableaux représente un golf au bord de la mer. Je me demande qui cela peut faire rêver à part un golfeur. Justement, je crois que j’ai trouvé le golfeur en question. C’est le docteur , en gilet Lacoste.
- La radio du bassin, c’est bon, me dit-il. On va vous apporter ça. Pour la radio du doigt vous venez avec moi.
Très golfeur, très français, pas très sympa. J’attends donc devant le tableau. Puis, au bout d’un moment, je me lève pour bercer mon bébé. A ce moment-là passe la dame en blouse blanche qui a pratiqué la radio de mon bébé.
- Madame, ce n’est pas ici qu’il faut attendre, mais à l’accueil.
Merci le golfeur de m’avoir fait perdre du temps!.

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Un voyage interminable

Avez-vous lu cette nouvelle d’Italo Calvino intitulée “La fourmi argentine”? Un couple plonge dans l’enfer en emménageant dans sa nouvelle maison qui est envahie par les fourmis... puis, à la fin du texte, tout est oublié grâce à une excursion au bord de la mer.
Dimanche soir, ma fourmi argentine s’appelait TGV. Nous étions à Lyon ce week-end pour rendre visite à la famille de mon mari. Le voyage à l’aller s’est très bien passé. Ma petite fille de deux ans a été sage comme une image et la plus petite a dormi, souri, un peu pleuré et à nouveau dormi.
Le retour fut une autre histoire. Nous nous installons dans le TGV à Lyon Perrache, mon bébé se met à pleurer. Ma petite fille veut courir partout. Les lumières s’éteignent puis s’allument, puis s’éteignent, puis s’allument. Le temps d’attente me semble long. Enfin, le contrôleur annonce qu’il ne faut ni entrer ni sortir car les deux rames TGV vont être décrochées puis raccrochées. On voit passer des agents de la SNCF avec des talkie-walkies. Il s’entretiennent avec les contrôleurs. Puis nouvelle annonce. A cause d’une “panne technique” le train est retardé. Le retard est indéterminé. L’annonce a un effet catastrophique sur mon bébé qui se met littéralement à hurler. Mon mari descend sur le quai pour aller aux nouvelles. Il rentre et nous dit : on doit descendre et monter dans l’autre rame. Ils vont mettre une nouvelle rame à la Pardieu (il y a deux gares TVG à Lyon).
On se dépêche de prendre nos filles et nos bagages. J’ai peur d’oublier quelque chose. Ma petite fille de deux ans décrète qu’elle ne veut pas marcher! On la tire un peu. On s’installe dans l’autre rame. Le train part. Dix minutes plus tard, rebelotte. On quitte la rame pour s’installer dans l’autre rame. Mon bébé n’en peut plus. Le train part et je quitte le wagon pour marcher dans le couloir. Mon bébé s’endort... une petite demi-heure. Pour pleurer de plus belle ensuite. J’ai cru que je n’allais jamais voir la fin de ce voyage! Quand après le métro et le train de banlieue nous arrivons enfin chez nous, je lève les yeux au ciel et remarque des oiseaux qui dansent dans le ciel bleu.
- Regarde! Les hirondelles sont arrivées!.

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Pain Poilâne

C’est ma période madeleine de Proust! Cette fois, c’est à cause d’une tranche de pain Poilâne. Vous connaissez le pain de ce fameux boulanger parisien qui est distribué aussi au Monoprix à côté de chez moi. Je n’avais pas envie d’une baguette hier alors j’ai acheté un quart Poilâne tranché (ce pain est confectionné sous forme de miche).
Je me suis servie dans le rayon, mais il y a quelques années je me rendais directement à la boulangerie Poilâne. Elle était sur le chemin que j’empruntais pour rentrer du bureau. Ce n’était pas le chemin le plus court, mais je l’aimais bien car j’empruntais la ligne 6 du métro qui est aérienne. Quand je voulais acheter du Poilâne, je marchais jusqu’à la boulangerie. J’achetais du pain et des petites tartes aux pommes délicieusement bonnes... Puis je prenais le métro. J’aimais bien lorsque le métro passait au dessus de la Seine, je regardais la tour Eiffel, le dôme des Invalides, en grignotant une tranche de pain et en m’imaginant déjà au petit-déjeuner. Hum, une belle tartine de pain Poilâne avec du beurre et de la confiture de framboises.

A la même époque, j’ai eu l’occasion de participer à une visite de la manufacture de Bièvres, là où sont fabriqués les pains Poilâne distribués en région parisienne et à l’étranger. Un bâtiment rond où chaque boulanger à son petit espace et son four à bois pour préparer les miches, en trois huit. Les fours étaient alimentés par une réserve centrale de bois. Une pièce gigantesque, impressionnante. C’était une visite mémorable. Lionel Poilâne en personne faisait le guide. Il est mort il y a quelques années dans un accident d’hélicoptère. C’est sa fille maintenant qui a repris l’entreprise.
Hum, il y a tant dans le simple goût de levain d’une tranche de pain.

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Rendez-vous à Brick Lane

Vendredi soir, je suis allée au cinéma avec mes amies Michelle et Caroline. Nous nous sommes retrouvées en bas de chez moi par une pluie battante.
Nous avons marché sous la pluie pendant tout le trajet jusqu’au cinéma, Caroline et moi sous mon parapluie, Michelle devant sous son propre parapluie. Cela faisait longtemps que nous n’étions pas sorties toutes les trois.
Nous sommes arrivées complètement trempées au cinéma. On s’en souviendra longtemps. En plus, nous étions un peu en retard, tout le monde était déjà installé.
C’était une soirée un peu particulière. Des critiques de cinéma avaient été invités pour débattre avec le public après la projection du film.
Michelle s’est fait reprocher de parler trop fort par une dame devant elle.
- Vous pourriez parler moins fort!
ça nous a fait rire Caroline et moi comme des ados. On s’est bien moqué de Michelle...
Puis le film a commencé. Il s’agissait de “Rendez-vous à Brick Lane”. Le film nous a beaucoup plu et nous a beaucoup émues. Il pleuvait toujours lorsque nous sommes sorties du cinéma, mais nous sommes rentrées doucement, échangeant nos impressions, encore sous le charme du film.
Dans le film, il y avait justement une scène avec un arbre en fleurs d’où tombait une pluie de pétales roses. Exactement comme celui que je vois de ma fenêtre au moment où j’écris ces lignes...

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Une visite amicale du Japon

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec la jeune femme japonaise qui a traduit un de mes livres en japonais. C’était la deuxième fois que nous nous rencontrions et j’étais très heureuse de la revoir.
Noriko, c’est son nom, était de passage à Paris après un séjour en Bourgogne. Elle travaille dans une société d’importation de vins et se rend une à deux fois par an en France afin de rencontrer des vignerons. Elle m’a parlé de ses dégustations et pour moi qui suit à l’eau depuis trois ans, pour cause de grossesse et d’allaitement, l’écouter a fait souffrir d’envie mes papilles!
Dans la conversation, je lui ai dit que j’avais récemment lu un manga intitulé en français “Le gourmet solitaire”. Dans ce livre, on suit les repas dans divers endroits (restaurants, bars, troquets, etc) d’un homme d’affaires japonais. Chaque repas est écrit et dessiné comme une petite nouvelle. Ce livre m’avait beaucoup plus. Noriko, elle m’a parlé d’un manga très célèbre au Japon dont le héros est sommelier. Le titre en français est “Les gouttes de Dieu”.
Je crois que c’est à ce moment-là qu’elle m’a parlé de son apprentissage de la dégustation du vin et de la comparaison qu’avait fait son professeur entre le vin et les madeleines de Proust.
- Mais vous savez que nous sommes à quelques pas seulement de l’immeuble où a habité Marcel Proust. Voulez-vous que nous y allions?
C’est ainsi que nous nous sommes rendues Boulevard Haussmann.
Noriko reviendra peut-être au mois de décembre. Nous nous sommes promis d’assister à une dégustation chez Augé. La célèbre cave où Marcel Proust allait acheter son vin.

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Non! non! non.

Ma fille, deux ans et quatre mois, découvre le pouvoir du non et en abuse. Elle l’utilise de différentes manières selon les circonstances. Il y a le “non” tout simple. Le “nooooooon” plus insistant. Il y a le trop mignon “non, non, non” qui me fait rire.
Aujourd’hui, j’ai découvert une autre variante. Nous étions à table. Micaela allait enfin pouvoir goûter ce petit plat préparé devant elle qui la faisait grandement saliver depuis vingt minutes. Elle a assisté à toutes les étapes d’une recette de cuisine, version bébé quand même. J’étais certaine que ces épinards à la sauce béchamel allaient lui plaire. Je lui ai même fait tourner la cuillère dans la casserole de la “sauce blanche”, du centre vers l’extérieur, toujours dans le même sens. Dans son assiette, les épinards finement hachés étaient bien noyés dans la sauce. J’étais vraiment sûre de mon coup. Ah, ah, je me voyais déjà disant fièrement à ma mère “Tu sais quoi, Micaela aime les épinards”! Premier coup de fourchette dans la petite assiette. Mince, elle n’a pris que de la sauce. Grand sourire. Deuxième coup de fourchette, cette fois avec des épinards. Je mange de mon côté, un grand sourire également aux lèvres. Mais après quelques secondes le verdict tombe, les épinards ressortent de la bouche de ma fille.
- Non, c’est pas bon.

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Clémentines

Ma sœur est allée passer quelques jours dans le Luberon et elle m’a ramené de son séjour un bocal de clémentines confites de chez Bono à Carpentras. Le pot est si beau, les clémentines si colorées et appétissantes que chaque jour je ne peux m’empêcher de l’admirer. Je ne l’ai pas encore ouvert.
Aujourd’hui, j’ai eu ma petite séance habituelle d’admiration devant ce pot et à la vue des clémentines un souvenir a soudain envahi mon esprit. Un peu comme Marcel Proust a retrouvé le souvenir de son enfance en dégustant une madeleine trempée dans une tasse de tilleul.
C’était il y a quelques années, au début de mon activité d’édition. Ce jour-là, je rendais visite à mon ami Pierre qui tenait un magasin de vin dans le IXe arrondissement de Paris. Je venais pour donner des nouvelles et discuter cinq minutes. Soudain, il me dit “il faut que je te fasse goûter quelque chose”. Nous avons quitté la boutique pour nous rendre à côté chez la marchande de chocolats. C’était la première fois que je rentrais dans cette boutique. Je fus tout de suite sous le charme de ce magasin ancien et complètement surprise par la marchande : une femme qui avait l’âge d’être ma mère habillée comme une petite fille avec des nattes, un chemisier blanc sous un pull bleu marine, une jupe écossaise et des petites socquettes blanches. Mais attention, c’était un sacré personnage, pas du tout une petite fille.
Ce que Pierre souhaitait me faire goûter était un mandarin, une clémentine confite à moitié recouverte de chocolat noir. Un mandarin ne se grignote pas par petits bouts, non, on met tout dans la bouche, on croque et c’est merveilleux!
Je ne sais pas si ce magasin de chocolats existe encore... mais le souvenir du mandarin est éternel!
Le site de la confiserie Bono : http://www.confiseriebono.fr

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Balade nocturne

Hier soir, impossible de calmer mon bébé. Elle pleurait à fendre l’âme. Au bout de deux heures, je l’ai mise dans le porte-bébé et je suis sortie me promener en pleine nuit. Il faisait froid, ça sentait bon l’hiver. Au bout de ma rue, j’ai croisé ma voisine Marie-Christine qui rentrait et qui m’a proposé de m’accompagner.
- Où veux-tu aller?
- Je pensais aller regarder la carte du nouveau restaurant à côté de la crêperie.
C’était drôle de se promener ainsi.
Marie-Christine était allée chez Gibert Jeune et avait acheté quelques livres qu’elle me montra rapidement en marchant.
Gibert Jeune est une grande librairie à Saint-Michel qui vend des livres neufs et d’occasion. J’adore y aller. Enfin, ça fait longtemps que je n’y suis pas allée. Quand on cherche un livre, on est certain de le trouver “chez Gibert”.
Marie-Christine a sorti de son sac une veille édition d’un dictionnaire pour enfant “Mon premier Larousse en images”.
Elle l’a ouvert et, oh, j’ai reconnu les images.
- J’avais le même quand j’étais petite, ça me fait tout drôle de le voir!
C’était vraiment étrange, je me suis revue feuilletant ce livre que j’aimais beaucoup, mais que j’avais complètement oublié.
Nous sommes arrivées devant le restaurant. La carte n’était pas très intéressante. Felicia s’était endormie, bien au chaud sous son bonnet. Nous sommes rentrées. Il y avait des fenêtres allumées et j’ai aperçu quelques intérieurs de maison, deux étudiantes qui travaillaient installées dans leur cuisine, un jeune homme qui faisait de l’ordinateur. Nous avons aussi croisé un petit chat qui se faufilait sous les voitures.
En rentrant à la maison, mon bébé, calmée a fait une belle tétée et a dormi toute la nuit. Je crois que je ne suis pas la seule a avoir apprécié cette balade nocturne.

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Souvenirs de vaches

Aujourd’hui, j’ai eu mon amie Michelle au téléphone. Je ne sais plus comment nous en sommes arrivées là, mais nous nous sommes racontés des souvenirs de vaches. Michelle adore les vaches, surtout leurs jolies robes.
Je lui ai raconté un souvenir qui date de quelques années et qui explique pourquoi les vaches me font plutôt peur.
Nous étions mon mari et moi en promenade à l’Ile-Tudy, en Bretagne. Nous empruntions un chemin dans les terres, à droite il y avait un pré et à gauche un petit bois. Nous marchions en nous parlant doucement, lorsque j’ai remarqué un petit troupeau de vaches au fond du pré, qui paissait tranquillement à l’ombre d’un arbre. Soudain, une des vaches s’est mise à agiter sa grosse tête de haut en bas puis s’est dirigée vers nous d’un pas rapide, entraînant derrière elle le reste de la troupe.
- Les vaches se dirigent droit sur nous! ai-je dit à mon mari.
Je jetai un coup d’œil au malheureux fil de fer qui servait de barrière.
- Qu’est-ce qu’on fait!
- On continue à avancer sans les regarder, m’a répondu mon mari.
Nous avons avancé jusqu’au bout du pré, là où commençait le bois. Il ne nous est rien arrivé, mais j’avais eu si peur que mes genoux s’entrechoquaient.
Il avait plu la veille, le chemin dans le bois était boueux. Comme il était hors de question que je fasse demi tour et repasse devant les vaches, nous avons marché dans la boue et j’ai gâché mes chaussures toutes neuves. Ah, ces vaches, je m’en souviendrai longtemps!

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Neige

Hier matin, sitôt libérée de son lit à barreaux, ma petite fille s’est précipitée comme tous les matins dans la cuisine pour prendre le petit-déjeuner en criant “j’ai faim, j’ai faim”. Arrivée dans la cuisine, elle a grimpé sur sa chaise et a regardé par la fenêtre pour voir si elle pouvait apercevoir un chat en balade. Oh surprise! “Maman regarde! C’est quoi?
- C’est de la neige.
- De la neige?
- Oui, c’est comme de la pluie, mais c’est blanc (c’était le matin, je venais de me réveiller, c’est la meilleure explication que j’ai pu trouver).
- Je veux marcher sur la neige!
- Tout à l’heure, quand tu auras mangé tes tartines.”
Malheureusement, une heure plus tard, la mince couche de neige qui était tombée pendant la nuit de lundi à mardi avait déjà fondu.
Mais, elle n’avait pas fondu dans l’esprit de ma petite fille.
Après une journée bien remplie : premier poisson pané au déjeuner, visite de sa mamie l’après-midi, séance de “Dansons la capucine” sur le palier avec sa petite voisine, la première chose qu’elle a dit à mon mari lorsqu’il est rentré hier soir fût : “Papa, je veux marcher sur la neige!”.
J’imagine même qu’elle en a rêvé la nuit, qu’elle s’imaginait marchant dans la neige, toute joyeuse de chaque pas posé sur le tapis blanc... Un rêve d’enfant.

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